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On attribuait ça uniquement à Homo sapiens… Les mères Homo erectus l’avaient peut-être précédé d’un million d’années

Homo erectus est souvent considéré comme le premier homininé à présenter une silhouette proche de la nôtre : un corps plus élancé et nettement plus grand que celui de ses prédécesseurs. Mais cette transformation corporelle avait aussi des conséquences physiologiques. Un organisme plus massif implique en effet des besoins énergétiques plus élevés, en particulier pour les femelles enceintes et allaitantes.

En 2002, des chercheurs avaient tenté d’estimer le coût énergétique de la maternité chez ces hominines. Leurs calculs suggéraient que, compte tenu de leur taille, les femelles Homo erectus devaient dépenser davantage d’énergie pour mener à bien une grossesse et élever leurs petits que des hominines plus anciennes, comme les australopithèques.

Ce crâne d'Homo erectus est âgé de 2 millions d'années, un record à ce jour. © Matthew V. Caruana


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Cependant, ces contraintes auraient pu être compensées par un changement dans la stratégie de reproduction. Plutôt que de suivre un cycle comparable à celui des chimpanzés, marqué par une longue période de lactation et des naissances espacées, Homo erectus aurait adopté un rythme plus proche de celui des humains modernes.

De nouveaux calculs pour comprendre la reproduction

La paléoanthropologue Leslie Aiello, auteure d’une nouvelle étude publiée dans l’American Journal of Human Biology, a récemment réexaminé ces estimations à l’aide de méthodes plus précises pour mesurer la dépense énergétique. Son analyse s’appuie notamment sur la technique dite de l’« eau doublement marquée », qui permet d’évaluer le métabolisme d’un organisme en analysant les proportions de deux isotopes présents dans l’eau consommée.

Les résultats montrent que l’étude de 2002 sous-estimait en réalité la dépense énergétique totale d’Homo erectus, tout en surestimant le coût spécifique de la grossesse et de l’allaitement. Malgré ces ajustements, la conclusion générale reste similaire : la reproduction de ces hominines aurait progressivement évolué vers un modèle plus proche de celui des humains.

La lignée humaine serait plus complexe qu'on ne le pensait. © @ArtUmbre, Adobe Stock


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Selon ces nouveaux calculs, passer d’un rythme reproductif comparable à celui des chimpanzés à un modèle plus proche de celui d’Homo sapiens aurait permis de réduire fortement le coût énergétique par nourrisson, de 66,6 % à 78,6 %.

Des enfants plus nombreux et une entraide essentielle

Concrètement, cela signifie que les mères Homo erectus auraient probablement sevré leurs enfants plus tôt que les chimpanzés et les hominines plus anciens. En revanche, elles auraient pu avoir des naissances plus rapprochées. Une telle stratégie impliquait toutefois de devoir s’occuper de plusieurs jeunes enfants à la fois.


Après le sevrage, les jeunes Homo erectus devaient être nourris avec des aliments solides, ce qui impliquait probablement l’aide d’autres membres du groupe pour subvenir aux besoins des enfants. © tiagozr, Adobe Stock

Après le sevrage, ces derniers devaient en outre être nourris avec des aliments solides. Pour Leslie Aiello, une telle organisation n’aurait été possible qu’avec une forme de coopération sociale. Les mères auraient bénéficié du soutien d’autres membres du groupe (femelles apparentées, mâles ou enfants plus âgés) dans une véritable division du travail.

Cette hypothèse suggère que les communautés d’Homo erectus reposaient déjà sur une chasse et une cueillette coopératives, plutôt que sur une recherche individuelle de nourriture comme chez les singes. L’accès à des aliments de meilleure qualité, éventuellement grâce à la cuisson ou à d’autres techniques de transformation, aurait également joué un rôle crucial pour répondre aux besoins énergétiques des mères et de leurs petits.

Homo sapiens a colonisé l'Europe durant une sévère période de froid. © IRStone, Adobe Stock


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Si l’on ignore encore précisément quand le rythme reproductif moderne est apparu chez les hominines, certaines analyses dentaires indiquent qu’un modèle pleinement humain ne s’est imposé qu’avec Homo sapiens. Mais pour Leslie Aiello, la transition était probablement déjà amorcée dès les premières étapes de l’évolution du genre Homo, contribuant au succès d’Homo erectus.

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