On estime qu’à peine 0,001 % des grands fonds océaniques a été observé directement. Il n’est donc pas étonnant que chaque plongée scientifique réserve son lot de surprises.
C’est ce qu’a montré l’expédition Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, lancée en juin 2025 en partenariat avec l’Agence japonaise pour les sciences et technologies marines et terrestres (Jamstec). Les chercheurs ont exploré deux régions abyssales encore très peu étudiées : la fosse de Nankai et la chaîne de monts sous-marins de Shichiyo.

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À bord du navire de recherche Yokosuka, le submersible habité Shinkai 6500 a permis de collecter plus de 528 spécimens. Au total, les scientifiques ont identifié 38 nouvelles espèces et repéré 28 autres candidats potentiels. L’une des études issues de ces travaux, dirigée par le Dr Chong Chen et publiée dans Ecosphere, révèle que la biodiversité connue dans la fosse de Nankai a été multipliée par cinq, passant de 14 à 80 espèces recensées, parmi lesquelles des mollusques, annélides, arthropodes, némertiens, échinodermes, cnidaires et même un bryozoaire.
Des vers vivant dans un « château de verre »
Une seconde étude, publiée dans le Zoological Journal of the Linnean Society et dirigée par le Dr Naoto Jimi, s’est intéressée à deux espèces de vers polychètes, Dalhousiella yabukii et Leocratides watanabeae. Leur particularité : elles vivent à l’intérieur d’une éponge de verre, dont le squelette en silice forme une structure complexe ressemblant à un filet.

Une éponge de verre, potentiellement nouvelle pour la science et abritant plusieurs espèces de vers polychètes, a été observée à 791 mètres de profondeur sur les pentes d’un mont sous-marin grâce au submersible Shinkai 6500. © Recensement océanique Nippon Foundation-Nekton, Jamstec
Les chercheurs décrivent cet habitat comme un véritable « château de verre ». L’éponge elle-même pourrait d’ailleurs constituer une espèce encore inconnue, bien qu’elle n’ait pas encore été formellement nommée.

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Pour Mitsuyuki Unno, directeur exécutif de la Fondation Nippon, ces découvertes rappellent à quel point l’océan reste largement inexploré. Les scientifiques voient déjà dans la chaîne de monts sous-marins de Shichiyo une zone prometteuse pour de futures recherches et un indice du potentiel scientifique caché dans les autres 99,999 % des grands fonds encore inexplorés.

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