Le commerce montréalais Yaser Fruits a reçu trois amendes l’an dernier pour des infestations de souris et de coquerelles ainsi que des aliments gardés à des températures dangereuses en avril et en juin 2024.
La plupart des commerçants s’ajustent rapidement aux recommandations des inspecteurs en salubrité alimentaires, alors que quelques-uns ont besoin qu’on leur tape sur les doigts plus d’une fois avant de comprendre. Malheureusement pour lui, Yaser Fruits s’est retrouvé dans la deuxième catégorie.
La situation était catastrophique quand deux inspecteurs de la Ville de Montréal se sont présentés à la fruiterie de la rue Hutchison la matinée du 11 avril 2024. Dans leur rapport d’inspection, on parle d’une «infestation de souris présente dans l’établissement. De très nombreux excréments de souris sont visibles sur les différents étalages alimentaires, et ce, de manière généralisée».
Plusieurs excréments de souris sur les étagères et les sacs de plastique de produits alimentaires.
Photo fournie par le MAPAQ
Les rongeurs semblaient avoir leur carte de fidélité. La police de la salubrité a vu un grand nombre de produits rongés, dont des sacs de riz et de vermicelles, un sac de sucre, des bananes et des bouchées croquantes de soya.
«Lors du déplacement d’une caisse servant d’entreposage situé devant un étalage, une souris vivante s’est rapidement déplacée pour aller se cacher. Une souris morte, asséchée et poilue est visible près des légumes», témoignent les inspecteurs.
Les souris semblent même s’être liguées avec les coquerelles pour prendre le contrôle du commerce. Les inspecteurs voient une quarantaine de blattes vivantes durant cette seule visite.
Ils en ont alors assez et font fermer la fruiterie huit jours pour imposer un nettoyage en profondeur les lieux.
Il n’a pas compris
Deux autres inspectrices de la Ville passent deux mois plus tard, le 12 juin 2024, espérant trouver la fruiterie dans un bon état de salubrité. Ce n’est pas du tout le cas. Les drosophiles semblent avoir remplacé les coquerelles. Un nuage de petites mouches s’est entre autres dispersé lorsqu’un sac de pommes de terre en décomposition est déplacé. Encore une fois, les crottes de souris parsèment les tablettes, où l’on constate des sacs de fécule de maïs, de friandises et de riz qui sont soit rongés, soit souillés par la vermine.
Comme lors de la précédente visite, les inspectrices constatent que des samossas sont maintenus dans un réchaud à une température inférieure au 60°C réglementaire. Mais cette fois, ils sont deux fois trop froids, ce qui peut causer des problèmes de prolifération bactérienne et ainsi d’intoxication alimentaire. C’est pourquoi on suggérera cette fois-ci à un juge de donner une amende.
Dans trois jugements rendus cette année en février, en juin et en octobre 2025, le commerçant sera deux fois condamné à des amendes de 2000$ et de 3500$ pour la présence de vermine et de 1000$ pour la température inadéquate d’aliments.
Extrait du rapport
«Il y avait plus d’une vingtaine d’excréments de souris très frais et une forte odeur d’urine autour des emballages de pâtes alimentaires.»
Il faut attendre plusieurs mois après une infraction pour qu’un juge entende la cause et rende sa sentence. Les détails de ces jugements ont été obtenus à la suite d’une demande d’accès à l’information.
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